sábado, 25 de junio de 2016

Comunicado a la opinión pública internacional sobre la situación de la camarada Miriam AMANI en huelga de hambre en Marruecos


DECLARATION A L’ATTENTION DE L’OPINION PUBLIQUE

NATIONALE ET INTERNATIONALE

DE LA DETENUE POLITIQUE MYRIAM AMANI





Je soussignée Myriam AMANI, prisonnière politique du groupe des détenus du 19 mai de Marrakech, déclare à l’opinion publique nationale et internationale entamer une grève de la faim de 48 heures comme premier avertissement, avec possibilité de poursuivre par une grève ouverte dans le cas où mes revendications n’auraient pas abouti.



Cette forme de lutte et de résistance s’impose désormais inévitablement à moi puisque toutes les autres voies pour imposer mes revendications simples et légitimes n’ont pas abouti. Depuis le 19 mai 2016 - date de mon arrestation-, mes geôliers n’ont eu de cesse de me réprimer : mes lunettes de vue ont tout d’abord été cassées ; j’ai ensuite subi toutes sortes de mauvais traitements et de torture au sein de la préfecture de la répression ; j’ai aussi fait une demande auprès du procureur du royaume afin de pouvoir bénéficier d’une expertise médicale mais ce dernier a refusé d’entendre ma demande et mes plaintes contre les exactions que mes camarades et moi-même avons subies. Par ailleurs, quand j’ai été transférée à la prison civile de Boulmerez, j’ai aussi demandé à pouvoir consulter un ophtalmologue pour que mes lunettes soient réparées et me soient rendues afin de pouvoir préparer mes examens : mais là encore, ma demande est restée lettre morte. J’ai alors demandé à avoir un entretien direct avec le directeur de la prison : ce dernier n’a pas seulement refusé ce rendez-vous mais il a aussitôt autorisé que je sois torturée sur le simple motif de cette demande. Je n’oublie pas non plus les humiliations répétées au quotidien et perpétrées à mon encontre par les femmes-gardiens, ni le refus qui m’a été imposé de toute communication téléphonique avec l’extérieur.



Suite à tous ces méfaits, pour exprimer mon refus de tolérer cette situation qui nous est imposée à mes 12 camarades et à moi, et pour refuser aussi que ma dignité en tant que prisonnière politique soit bafouée, j’ai pris la ferme décision d’entamer une grève de la faim de 48 heures, comme première alerte qui sera certainement d’une grève illimitée – et cela pour demander :



  • la libération de tous les prisonniers politiques
  • l’arrêt des charges fomentées contre nous
  • notre reconnaissance en tant que prisonniers politiques
  • un droit de visite direct pour ma famille et mes amis
  • le droit d’avoir des communications téléphoniques
  • le droit de pouvoir bénéficier de soins et d’une hygiène correcte
  • le droit de pouvoir poursuivre mes études
  • le droit à un temps de promenade prolongé.



Enfin, je déclare être retenue ici sans raison valable, de manière totalement arbitraire. Nous saluons haut et fort tous ceux qui expriment leur solidarité avec nous, que ce soit des militants ou des organisations démocratiques et progressistes.





Vive la voie de la lutte !

Liberté pour tous les prisonniers politiques !





La détenue politique Myriam AMANI

Numéro d’écrou : 44366



Prison civile Boulmerez – Marrakech

Le 23 juin 2016

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